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Colloque et poutine

un samedi pas comme les autres.

Vancouver 2011-11-19

Difficile de comparer mes deux activités de samedi dernier : un colloque en après-midi avec les présidents de la Fédération des francophones de Colombie-Britannique (FFCB ou Fédé), et le Festival de la poutine de Francouver en ville, en soirée.

Au Festival de la poutine, Francouver a réussi un coup d’éclat avec un niveau de participation qui a surpris même les organisateurs. Qui l’aurait dit ? L’organisation un peu improvisée et parfois même chaotique rappelait l’atmosphère du regretté restaurant La Zizanie ou encore les soirées mémorables de l'Espace sous le pont. Des frousses logistiques suivies de solutions ingénieuses appliquées par une équipe d’enthousiastes qui y mettait du sérieux et du cœur. Un pour tous, tous pour Alex, passionné, ardent et viral !

À la réunion de la Fédé, un ressortissant de l’Île Maurice, établi au Canada depuis 1996, vint nous raconter que tout allait bien dans son pays où trois langues, aucune officielle, se côtoient dans l’harmonie la plus parfaite. On parle créole à la maison, français au travail et anglais partout ailleurs. Les Mauriciens apprennent le créole à la maison, le français à la maternelle et au primaire, puis l’anglais au secondaire. Tout va tellement bien que les parlementaires utilisent les trois langues dans chaque phrase. Ce doit être ça l’égalité linguistique. Y a-t-il quelque chose qu’on n’a pas compris ici ?

Au Festival de la poutine, Alex et sa gang ont fait un tabac avec 250 billets vendus surtout à des anglophones, des bilingues et une minorité de Québécois. J’estime la proportion à 60-20-20. Deux cents beaux jeunes exposés à la culture canadienne-française par l’entremise de l’humble poutine. « Il faut les prendre par le ventre », ne s’appliquerait pas seulement à la recherche de conjoints.

À la réunion de la Fédé, la population avait été invitée à assister au colloque via une page Facebook. La salle était pleine, mais je ne saurais dire quelle était la proportion de personnes extérieures à la Fédé, au moins deux en-tout-cas. La directrice générale de la Fédération des communautés francophone et acadienne (FCFA) menait le jeu. Elle présenta un panel multi culturel de meneurs et intervenants de la francophonie, certains d’entre eux bardés de diplômes, titres et d’enfants à l’école. Deux jeunes femmes issues de l’immersion, une prof, une présidente et un homme, député libéral à Victoria, composaient le panel. La responsable du bureau des affaires francophones à Victoria fit la promotion de leurs services. Oui on a un contact permanent au gouvernement provincial maintenant et des fonctionnaires bilingues s’en occupent. Le fait français en C.-B. progresse à toute vitesse… lentement. Je salue cette victoire de la Fédé, j’imagine qu’ils appelaient si souvent qu’on a fini par leur donner une ligne directe.

Au Festival de la poutine, aucun membre de l’équipe n’avait déjà préparé et assemblé 800 poutines de 10 recettes différentes. Ils ont réussi haut la main… à partir de huit heures, ça roulait. Les impatients et affamés, arrivés à 18 heures, furent un peu déçus et en quittant tôt, ils se sont privés des meilleures poutines-gourmet que j’ai jamais mangées. Je n’aurais jamais cru que le mot poutine pouvait s’allier au mot gourmet. Il faut être ouvert aux nouvelles idées, même saugrenues !

À la réunion de la Fédé, les thèmes du colloque étaient : « Renforçons la francophonie ! » et « Sauver la francophonie en engageant les francophiles. » Rien de confrontant, mais un sujet brûlant quand même. Je n’ ai pas eu vent de nouvelles idées pour attirer les francophiles aux activités de francophones ou les francophones d’ailleurs. Certains ont rappelé ce qu’ils faisaient déjà avec l’intention de continuer de la même façon : des vœux pieux et le désir de garder le cap avec des améliorations graduelles. Un projet étapiste, petit train va loin, surtout s’il perd ses wagons.

Au Festival de la poutine, je suis arrivé au moment où la quatrième recette était partagée : la japonaise, délicieuse avec plusieurs légumes, mais sans fromage croquant. Un point de disqualification à mon avis, à moins que les règlements n’exigent que deux des trois ingrédients essentiels de la poutine classique en vue d’encourager l’innovation. Je ne savais pas que l’on pouvait manger autant de poutines en une seule soirée. Espacées, arrosées de bière et ponctuées de danse énergique, pas de problème, il y a toujours de la place pour une autre petite portion. À la huitième recette, appelée « La cochonne, » j’ai été raisonnable, je n’ai mangé que le savoureux jambon au sirop d’érable et peut-être quelques grains de fromage.

À la réunion de la Fédé, on se promet d’utiliser mieux les nouveaux médias sociaux, on se remercie, on se félicite et se souhaite bonne chance et bon courage.

Au Festival de la poutine, certains ont estimé à mille personnes la foule venue participer aux activités de l’après-midi. Faute de moyens, 350 poutines seulement furent servies. Plusieurs affamés, redirigés vers La belle patate, rue Davie, durent attendre en ligne et le restaurant a manqué de patates. Ça leur apprendra à engager Alex pour leur publicité sans s’être préparés à gérer un torrent de clients.

À la réunion de la Fédé, personne n’a souligné l’existence d’organisations non fédérés mais très actives comme Francouver, La Source, Meetup francophiles, Voyageurs & Co, Français du monde et d’autres groupes indépendants qui se démènent pour engager francophones et francophiles. À regarder la liste des associations membres sous l’ombrelle de la Fédé, des milliers de gens seraient déjà impliqués. Ou sont-ce des coquilles vides ? Trop éparpillés peut-être ? Il y a de la place pour un autre colloque.

J’ai noté que les activités rassembleuses incluent presque toujours un divertissement artistique et culinaire. Ça tombe bien, on excelle dans ce secteur. D’ailleurs, les vins et fromages attirent toujours plus de membres aux assemblées, on sait ça. Le buffet de l’hôtel Executive semblait excellent.

À quand le Festival du cassoulet ou de la cuisine crue ?

Michel Gascon
Vancouver


P.-S. La véracité des faits est contestable mais l’humour incontestable.